
CONTEXTE
Entre 2016 et 2020, j’ai conçu, produit et distribué un magazine indépendant dédié aux grandes régions viticoles françaises — entièrement réalisé en solo, de la stratégie éditoriale à la distribution.
L’objectif de chaque numéro : montrer toutes les facettes d’une région, prouver que derrière une appellation se cache une diversité réelle — de terroirs, de styles, de philosophies, de vignerons.
Cinq éditions ont été publiées, chacune consacrée à une région unique. Chaque numéro représentait 100 à 120 pages de contenu dense, avec 14 à 20 articles de fond de 3 500 à 7 000 mots, rédigés en anglais pour un lectorat international d’experts et de passionnés exigeants.
LE DÉFI
La difficulté n’était pas seulement de produire. C’était de concevoir chaque édition comme un objet de transmission cohérent — monothématique, sans redondance, construit pour donner au lecteur une compréhension réelle et nuancée d’une région dans toute sa complexité.
Chaque édition devait embrasser la diversité d’une région : ses terroirs, ses styles de production, ses producteurs historiques et ses voix nouvelles, ses tensions internes entre tradition, modernité et renouveau. Tout cela sans jamais se répéter, sans juxtaposer des histoires trop proches, en maintenant une tension éditoriale et une progression logique de la première à la dernière page. L’objectif : donner au lecteur les éléments pour se forger ses propres opinions — entre vérités multiples, styles contrastés, savoir-faires divergents.
C’était un travail de curation pédagogique autant que journalistique, pour un lectorat double : particuliers passionnés (amateurs, collecteurs) et professionnels étrangers attirés par la voix intimiste des vignerons et la précision de leur regard sur leur propre terroir.
APPROCHE & SOLUTION
Chaque numéro commençait par plusieurs semaines, parfois des mois, d’immersion totale sur le terrain : 3 à 5 interviews approfondies par jour avec des vignerons, des œnologues, parfois des géologues, sommeliers ou gastronomes. L’essentiel de cette première phase : apprendre le contexte global de la région par ses voix multiples et sans préjugés — en profondeur, pas en survol — pour ensuite être en mesure d’identifier les lignes directrices, d’abstraire, de sélectionner, et de restituer avec précision.
La conception éditoriale suivait une logique que je reconnais aujourd’hui comme pleinement pédagogique :
Analyse du public — Que sait déjà ce lecteur expert ? Qu’est-ce qui lui manque ? Quelles représentations faut-il corriger ou enrichir ?
Analyse du terrain — Quelles expertises méritent d’être partagées ? Quel expert apporte quelle vision, quelle approche, quelle lecture spécifique du sujet ? Comment voient-ils la situation actuelle, les tensions, les pistes à développer ?
Cartographie des savoirs — Quels angles sont indispensables ? Lesquels se recoupent ? Quels contrastes faut-il maintenir pour que la diversité d’une région soit réellement lisible ?
Architecture de la progression — Quelles connaissances de base faut-il établir ? Comment ordonner les articles pour que chacun prépare le suivant, sans que la lecture linéaire soit une obligation ?
Sélection et arbitrage — Chaque sujet devait mériter sa place au service de la compréhension du lecteur, et non simplement parce qu’un contenu existait déjà. Rien n’entrait par défaut.
IDENTITÉ VISUELLE
Chaque édition possédait sa propre couleur de base, tirée des nuances de la réflexion des vins de la région et de sa cépage principale. Sur cette teinte : une illustration au trait et dessinée à la main, représentant un objet emblématique de l’édition. Le résultat : une série visuelle immédiatement reconnaissable comme telle, cohérente dans sa diversité — exactement comme les numéros eux-mêmes.
MON RÔLE DANS LE PROJET
Fondatrice, rédactrice en chef, photographe, directrice artistique, éditrice — de la stratégie à la distribution, l’intégralité du projet a été conduit en solo.
- Stratégie & conception éditoriale : définition de la ligne directrice de chaque numéro, cartographie des angles, sélection des sujets et des interlocuteurs, architecture de la progression narrative.
- Recherche & immersion terrain : plusieurs semaines par région, interviews quotidiennes intensives, lectures de sources primaires pour construire une compréhension de fond avant toute rédaction.
- Rédaction : ensemble des textes, 3 500 à 7 000 mots par article, 14 à 20 articles par numéro, en anglais.
- Photographie : prise de vue documentaire, portraits de vignerons, photographie de terroir et de sols — toutes les images sont les miennes.
- Direction artistique & mise en page : conception graphique, système de couleurs, illustrations, mise en page complète, préparation pour impression.
- Distribution & événements : diffusion, relations avec librairies et cavistes spécialisés, organisation des lancements.
CE QUE CE PROJET RÉVÈLE
C’est en entrant en formation de Learning Design que j’ai mis des mots précis sur ce que j’avais construit pendant ces cinq ans.
Concevoir une édition du magazine, c’était réaliser une analyse de besoins, cartographier un domaine de savoir, arbitrer entre des contenus concurrents, et architecturer une transmission qui respecte à la fois la complexité du sujet et l’intelligence du lecteur. Ce que j’appelais alors ligne éditoriale, je l’appelle aujourd’hui alignement pédagogique.
La capacité à entrer dans un domaine et terrain inconnu, à en comprendre les logiques profondes par l’immersion et l’écoute, à abstraire l’essentiel et le restituer avec précision pour un public exigeant : c’est le cœur de mon approche du Learning Design aujourd’hui.
DONNÉES CLÉS
- Publications : 5 numéros publiés sur différents régions viticoles
- Format : 100–120 pages par numéro, 14–20 articles de fond (3 500–7 000 mots chacun)
- Réalisation intégrale en solo : stratégie, rédaction, photographie, direction artistique, production, distribution
- Lectorat : experts et passionnés internationaux, en anglais 2016–2020
APERÇU DE QUELQUES PAGES EXEMPLAIRES :
Cliquez sur une image pour l’agrandir et parcourir la galerie.










